Épistémologie ou diététique de la recherche interdisciplinaire ? par Yves Michaud

Conférence suivie d’une table ronde animée par Jean-Louis Breteau, Françoise Knopper et François-Charles Gaudard de l’Institut IRPALL (Université Toulouse II-Le Mirail).

Les disciplines sont (étaient) indispensables à la reproduction du savoir (transmission, évaluation, sélection). Un enseignement doit s’organiser autour de notions définies et l’évaluation de sa réception ne peut pas se faire arbitrairement. La conception rigide des disciplines correspond toutefois à un certain état  » positif  » du savoir qui n’a plus la même évidence aujourd’hui. Deux phénomènes contradictoires sont à prendre en compte : 1) d’une part, la production industrielle de la connaissance (des centaines de milliers de chercheurs dans des milliers d’équipes de recherche) produit mécaniquement de la spécialisation en même temps qu’elle élargit fabuleusement le champ de la connaissance, 2) d’autre part, l’horizontalisation de la communication et son ouverture à l’infini désarticulent la hiérarchie de la compétence académique : n’importe quoi peut être mis en relation avec n’importe quoi et n’importe qui peut aussi s’exprimer. D’un côté donc une pression vers l’hyperspécialisation, de l’autre une perméabilité sauvage des disciplines. D’un côté un besoin pressant d’interdisciplinarité, de l’autre une tendance à la bordélisation des échanges. C’est à partir de ce paysage que Yves Michaud tente d’avancer quelques suggestions sur non pas l’épistémologie de la recherche pluridisciplinaire, mais une possible diététique de la recherche.

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