Cette anthologie des poétesses européennes de la Renaissance a été conçue pour faire connaître les vers de nombreuses autrices méconnues, grandes oubliées de l’Histoire littéraire européenne, mais dont nous estimons que la qualité de leurs vers mérite qu’elles trouvent aujourd’hui leur lectorat.
Nous avons choisi de ne proposer qu’un texte par autrice, pour éviter de faire entendre davantage la voix de certaines, au risque d’étouffer celles de leurs consœurs. Loin de n’avoir été que des Muses, à une époque où triomphe la lyrique néo-pétrarquiste qui se déploie traditionnellement sur le silence de la dame aimée, ces femmes ont pris la plume, ont composé selon les règles souvent strictes de l’écriture poétique, et même, ont imité et discuté les auteurs antiques ou contemporains.
De la France (Louise Labé, Pernette du Guillet…) à la Hongrie (Ilona Dóczy, Sára Ládonyi…), en passant par l’Italie (Vittoria Colonna, Gaspara Stampa…) et l’Angleterre (Mary Wroth) ou l’Ecosse (Esther Inglis), ce sont environ 50 autrices qui sont mises à l’honneur. Différentes spiritualités sont représentées : catholique (Vittoria Colonna), évangélique (Marguerite de Navarre), protestante (Elisabeth Cruciger), ou encore juive (Debora Ascarelli).
L’ensemble des textes est traduit en français par une série de spécialistes et introduit par un préambule explicitant les principes de sélection, les modalités de l’écriture féminine en Europe à la Renaissance (différentes selon les régions et la place dévolue aux femmes dans la société) et tirant au clair les traditions reprises, discutées voire modifiées par ces autrices.
Sous la direction d’Antonin Godet (IHRIM) et Adeline Lionetto (Sorbonne Université – CELLF). Correspondant Toulouse II : Jean-Luc Nardone (Il Laboratorio)