Donné en 1745 à la cour du roi Louis XV, Platée offre l’occasion de dresser un contexte historique, culturel et artistique riche en événements et en polémiques. Le Siècle des Lumières pose en lui-même un cadre de nature philosophique qui interroge la place du rire dans les arts de la scène et le langage musical, un rire qui demeure lié à l’idée de civilisation et que l’opéra de Rameau porte de façon exemplaire à travers son argument de comédie mythologique. Le modèle de l’opéra italien, à l’origine de la célèbre « Querelle des Bouffons » qui éclate en 1752, sème déjà depuis longtemps le trouble dans le Paris musical : les Anciens, tenants de la tradition tragique issue de Lully, s’opposent aux Modernes, charmés par les muses italiennes. Rameau ayant été un jouet ballotté à son insu entre les deux camps, son Platée comprend des caractéristiques esthétiques qui permettent d’éclairer la position personnelle du musicien dans ce débat si parisien.
Au cœur de cette Journée d’étude, organisée par l’Institut IRPALL en collaboration avec le Théâtre du Capitole, sera étudiée la nature même du rire au mitan du XVIIIe siècle. De quoi aime-t-on rire à cette époque ? Quels sont les procédés favoris des auteurs, des comédiens et des musiciens pour provoquer le rire ? Y a-t-il un rire à la française qui se distinguerait du rire italien ? La Commedia dell’arte, le théâtre de Molière exercent-ils encore leur influence ? Et l’Antiquité tant liée à la tragédie classique, a-t-elle tout le ressort nécessaire pour porter une comédie au XVIIIe siècle ?